Mon équipe me pose trop de questions : que faire ?

Publié le 22 décembre 2025 à 13:33

Vous êtes devenu le goulot d'étranglement de votre entreprise, mais c'est réversible.

Vous avez construit quelque chose de remarquable.

Une équipe. Des clients. Une entreprise qui génère du chiffre. Des gens qui comptent sur vous.

Et pourtant :

  • vous êtes épuisé

  • votre calendrier déborde

  • votre tête ne s'arrête jamais

  • vous répondez aux mêmes questions depuis des mois (parfois même des années)

 

Le truc, c'est que personne ne vous a dit que réussir pouvait ressembler à une prison.

 

Vous êtes piégé.

 

Vous êtes devenu tellement bon dans ce que vous faites que vous êtes devenu... indispensable. Chaque décision passe par vous. Chaque validation. Chaque "c'est quoi déjà la procédure pour...?"

 

80% de votre temps est aspiré par le Déjà-vu — ces questions répétitives, ces rappels de process, ces décisions que vous avez déjà prises cent fois.

 

La plupart des dirigeants confondent ça avec "être un bon leader."

C'est faux.

C'est être un goulot d'étranglement.

Et plus votre entreprise grandit, plus ce goulot se resserre. Chaque nouveau client, chaque nouveau projet, chaque nouvelle recrue — tout passe par vous. Vous êtes devenu le point de passage obligé de votre propre système.

 

Mais Quentin, et si mon équipe n'est pas capable de prendre ces décisions seule?

Voilà le piège : ce n'est pas un problème de compétence. C'est un problème de contexte.

 

Votre équipe ne vous sollicite pas parce qu'elle est incompétente. Elle vous sollicite parce que la clarté stratégique — votre vision, vos critères, votre "pourquoi on fait ça comme ça" — vit exclusivement dans votre tête.

 

Elle n'a nulle part ailleurs où aller la chercher.

 

Pensez-y :

- quand un collaborateur hésite entre deux options, où peut-il trouver vos critères de décision?

- quand un nouveau arrive, où peut-il comprendre "comment on fonctionne ici"?

- quand un client pose une question délicate, où est documentée votre philosophie de service?

 

Nulle part.

Alors ils font le plus simple. Ils viennent vous voir.

 

Le risque, vous le connaissez déjà. Vous évitez juste de le formuler clairement.

Si vous vous arrêtez, l'entreprise s'arrête.

 

Vous limitez votre entreprise :

 

Votre croissance est plafonnée par votre propre capacité à répondre. Pas par le marché. Pas par la demande. Pas par votre offre.

 

Par vous. C'est aussi simple que ça.

Et le pire? Plus vous travaillez dur pour débloquer la situation, plus vous vous enfoncez. Chaque question que vous prenez le temps de traiter, c'est une question de plus que votre équipe n'apprend pas à résoudre seule. Vous créez de la dépendance en croyant être utile.

 

Trois symptômes qui ne trompent pas :

  1. Le syndrome du "demandez-moi" — Votre équipe a le réflexe de venir vous voir plutôt que de chercher la réponse. Pas par paresse. Par efficacité. Vous ÊTES la source de vérité. Le problème, c'est que cette source a des horaires limités et une bande passante saturée.

  2. L'usure du disque rayé — Vous vous surprenez à expliquer les mêmes choses, encore et encore. La frustration monte, mais vous continuez. Parce que c'est "plus rapide" de le refaire que de documenter. Sauf que ce "plus rapide" vous coûte des heures chaque semaine, depuis des années.

  3. L'agenda cannibale — Vos journées sont remplies de réunions et de validations. Le temps pour réfléchir stratégiquement? Disparu. Le temps pour développer de nouvelles offres? Inexistant. Le temps pour vos clients les plus importants? Volé par l'urgence. Vous gérez l'urgent, jamais l'important.

 

Si vous vous reconnaissez dans au moins deux de ces symptômes, vous êtes dans la cage.

 

Cela dit, je ne vous juge pas.

La plupart des fondateurs y sont. C'est même un signe que vous avez construit quelque chose de réel — une entreprise qui a besoin de vous.

Le problème, c'est que ce besoin est devenu une prison.

 

La sortie de cette cage existe. Elle n'est pas dans "déléguer plus" ou "mieux recruter."

 

Déléguer sans contexte, c'est créer du chaos. Recruter sans système, c'est multiplier les questions.

 

La vraie sortie est dans un changement de structure.

 

Transformer votre expertise, celle qui vit uniquement dans votre tête, en un système accessible. Un système que votre équipe peut consulter. Un système qui répond à 60-80% des questions avant qu'elles n'arrivent jusqu'à vous.

 

Ce n'est pas de la documentation classique. C'est autre chose. Un Cerveau d'Entreprise qui pense comme vous, parce qu'il a été construit à partir de vous.

 

J'en parlerai dans une prochaine newsletter.

 

Pour l'instant, la question est simple :

Combien d'heures par semaine passez-vous à répondre à des questions dont vous connaissez la réponse par cœur?

 

Si la réponse vous met mal à l'aise, c'est que vous êtes dans la cage.

 

La bonne nouvelle : on peut en sortir.

 

Merci d'avoir lu.

 

– Quentin

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